Vulnérabili…quoi ?

Mémoires n°62
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DOSSIER

Vulnérabili…quoi ?

p.5 • La réforme de l’asile et la vulnérabilité “à la française”, par Eve Shahshahani, Responsable des programmes Asile à l’ACAT

p.8 • Quand les mots enferment, par Sibel Agrali, Directrice du Centre de soins Primo Levi

p.11 • Pourquoi la vulnérabilité ? par Marc-Henry Soulet, Professeur, Titulaire de la Chaire de travail social et politiques sociales, Université de Fribourg.

p.13 • L’accueil est un tout, Entretien avec Déborah Caetano, Responsable de l’accueil au Centre Primo Levi

ENFANTS & FAMILLES

p.14 • La vulnérabilité vue par qui ? par Armando Cote, Psychologue clinicien et psychanalyste

Introduction :

« Vulnérables », « précaires »… de tout temps, les politiques n’ont eu de cesse de catégoriser les personnes pour les faire rentrer dans des cases. Pour une meilleure gestion de la politique publique, pour répondre aux cas particuliers, pour être efficace. Cependant, ces politiques soi-disant adaptées à des besoins spécifiques ont toujours eu un autre effet, celui de stigmatiser une personne dans une représentation dont il devient difficile de s’affranchir aux yeux de la société.

Selon un terme repris des directives européennes, les personnes victimes de la torture viennent donc d’entrer dans la catégorie des « vulnérables » en droit français. Comme un tatouage sur la peau. Sans donner la possibilité de changer de case. Nombres d’associations ayant participé aux différentes consultations sur le projet de réforme du droit d’asile ont signifié leur opposition à l’usage de ce terme. Notamment pour ne pas enfermer la personne dans une nouvelle place qu’elle n’a pas choisie, comme l’avait fait auparavant le tortionnaire (qu’il soit représenté par une personne physique, un Etat ou un groupe).

Face à ce glissement sémantique, le Centre Primo Levi a souhaité s’arrêter sur cette notion de vulnérabilité. Plus politique que psychanalytique, cette réflexion se place en amont, alors qu’il est encore possible que l’humain prime sur le dispositif. Depuis ses débuts, le Centre Primo Levi place la parole au cœur du soin. Et ce, en restant à l’écoute de la temporalité du patient.

Ce numéro présente donc un panorama des effets que pourraient engendrer l’usage du mot « vulnérable ». Tout d’abord d’un point de vue politique, pour mettre en lumière le cadre de cette réforme du droit d’asile et les enjeux qui en découlent. Puis en les liant à la clinique. C’est-à-dire en plaçant le dispositif d’accueil au service de l’humain et non l’inverse. Nous avons souhaité ouvrir le débat au niveau sociologique afin de comprendre pourquoi les politiques publiques choisissent des termes qui permettent une gestion standardisée et automatique de l’accueil des demandeurs d’asile. Enfin, nous terminerons sur les questionnements et l’éthique que nous souhaitons défendre au Centre Primo Levi pour aboutir à notre vision clinique de l’accueil et du soin aux plus « vulnérables » qui selon les directives européennes, sont les enfants.

 

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