Soigner dans l’après-coups, le temps de l’écoute

Mémoires n°59

Prix : 8 euros

DOSSIER

Soigner dans l’après-coups, le temps de l’écoute

p.5 • Torture extrême et soin premier, par Frédéric Worms, philosophe essayiste

p.8 • Le travail social : redonner une place de sujet, par Julie Merle, Assistante sociale au Centre Primo Levi

p.10 • Le suivi juridique, un espace pour le soin, par Aurélia Malhou, juriste au Centre Primo Levi

p.12 • Le soin, le patient et le soignant, Regard croisé de Jacky Roptin, psychologue clinicien et psychanalyste, et de Jonas Bessan, médecin généraliste, tous deux cliniciens au Centre Primo Levi

p.14 • Soigner ? Ecouter pour permettre la parole, par Omar Guerrero est psychanalyste, psychologue clinicien au Centre Primo Levi

ENFANTS & FAMILLES

p.15 • L’enfant interprète : un enjeu entre les générations, par Armando Cote, psychologue clinicien au Centre Primo Levi

REGARDS

p.17 • L’OIF soutient le réseau Réséda

Introduction :

Face aux différentes pratiques cliniques ne s’attachant qu’au mesurable, au quantifiable, le Centre Primo Levi a souhaité tirer la sonnette d’alarme sur ce qui est au coeur de son activité : le soin. Non, soigner, ce n’est pas uniquement faire disparaître un symptôme ou une maladie, considérer la personne comme un « objet » à réparer, qui viendrait grossir le chiffre de nos performances pour justifier une réussite. Bien au contraire ! Si l’on s’attache à l’une des significations latines du mot soin, soniare, nous obtenons « songer ». Songer à quelqu’un, lui porter de l’attention, c’est s’occuper de son bien-être. Et c’est bien cette attention portée à une personne que nous entendons, au Centre Primo Levi, par soin. À travers ce numéro, nous sommes allés questionner la signification du soin face à la violence. L’approche philosophique de Frédéric Worms permet ainsi de se rendre compte qu’il ne peut y avoir de réponse unique au caractère extrême de la torture. Le soin se doit d’être complet. Ce qui veut dire qu’en plus d’une prise en charge médicale et psychologique, le travail social et l’accompagnement juridique font partie intégrante du soin. Obtenir un logement, un statut de réfugié libère l’esprit de préoccupations envahissantes pour laisser place au temps de la reconstruction.

Mais nous n’en sommes pas restés là. Car cette attention qui fait partie du soin commence dans la considération portée à la personne venue consulter dès le premier accueil. Si cela se retrouve au niveau du social, du juridique et du médical, cette considération de l’autre prend une tout autre signification du point de vue psychanalytique. Mais dans tous les cas, il s’agit de ne pas rendre l’autre dépendant de son action. Le soin, c’est avant tout la rencontre de deux personnes.

 

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