Manifeste

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Le Centre Primo Levi a très tôt ouvert un espace dédié au suivi des enfants et adolescents. Submergé par les demandes de prises en charge, il tire aujourd’hui la sonnette d’alarme pour alerter l’opinion publique et les politiques sur ces enfants oubliés. Pour aider à comprendre ce sujet complexe et méconnu, ce Manifeste donne la parole aux psychanalystes et psychologues qui suivent ces enfants au Centre Primo Levi et au sein d’autres structures spécialisées.

Fort de son expérience et de sa pratique, ce sont aussi des solutions et des recommandations que le Centre Primo Levi a souhaité rassembler et partager au sein de ce Manifeste. Face aux souffrances de ces enfants, à leur parcours chaotique sur notre sol, à leurs conditions de vie souvent très dures, il est de la responsabilité de tous de se mobiliser.

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Tout comme leurs parents, les enfants exilés en France, victimes des guerres et de violences dans leur pays d’origine sont invisibles et absents des politiques de santé publique :

 

–  Encourager la production de données et d’études épidémiologiques concernant les enfants victimes de guerre et de violence, exilés sur notre territoire.

 

–  Inclure ces enfants dans les politiques de santé publique, notamment dans les plans de santé mentale.

 

Ces enfants ont généralement une multitude d’intervenants autour d’eux : enseignants, assistants sociaux, psychologues, etc. mais les actions des uns et des autres ne sont pas toujours coordonnées, ce qui aboutit le plus souvent à une prise en charge incohérente et inefficace :

 

– Faciliter les financements qui permettent le développement du travail en réseau et la coordination des différents intervenants en organisant autour des enfants des réunions regroupant toutes les parties.

 

Le système d’asile actuel est saturé et ne permet pas une prise en charge appropriée des familles avec des enfants ; de ce fait, nombre de familles sont dans une très grande instabilité et en situation de précarité préoccupante, dont les effets sur les enfants sont dévastateurs :

 

– Généralise l’hébergement en CADA pour les familles qui le souhaitent par la création substantielle de nouvelles places.

 

– Favoriser, dans tous les cas, la stabilité de l’hébergement et des logements pour les familles.

 

– Faciliter l’accès à l’allocation temporaire d’attente (ATA) pour les personnes qui ne sont pas logées en CADA et prendre en compte la composition familiale pour en définir le montant.

 

– Assurer une évaluation satisfaisante des situations de vulnérabilité tout au long de la procédure d’asile et placer sous la compétence du Ministère de la Santé et des Affaires sociales toute démarche d’évaluation de la santé et de la situation sociale des demandeurs.

 

– Favoriser la création de structures d’accueil de jour publiques adaptées aux familles et permettant aux familles sans domicile fixe d’accéder à une alimentation correcte.

Les structures publiques sensées repérer et accueillir ces enfants en grande souffrance ne sont pas formées à la prise en charge de ces traumatismes et manquent de moyens pour les recevoir :

 

– Former le personnel travaillant notamment dans les écoles, les CMPP, les CMP, les PMI, les crèches et autres structures de santé ou d’accueil en lien avec ces enfants au repérage précoce des traumatismes et à leur prise en charge adaptée.

 

– Intégrer dans les études et formations de médecine et des professionnels du domaine médico-social et social des modules consacrés à la prise en charge des populations exilées.

 

– Financer systématiquement dans ces structures l’accès à l’interprétariat professionnel.

 

– Faciliter le travail et la coordination entre les structures publiques et les intervenants.

 

– Promouvoir la pluridisciplinarité (médico-psycho-sociale et juridique), l’interprétariat professionnel, les temps de consultations adaptés.

La scolarisation est une obligation, et surtout, la meilleure chance pour ces enfants de retrouver une inscription sociale. Pourtant nombre de mairies ou d’établissements scolaires font obstacle à leur accueil :

 

– Sensibiliser les mairies et établissements scolaires à la situation de ces enfants et les mettre en contact avec d’autres structures soutenant ces enfants.

 

– Favoriser la garde des jeunes enfants et leur scolarisation dès la maternelle.

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