Lien aux origines, lien original

Mémoires n° 58
Prix : 8 euros (papier) / gratuit (pdf)

DOSSIER

Lien aux origines, lien original

p.6 • Quelques enjeux cliniques d’une langue dite maternelle, par Omar Guerrero, psychologue clinicien et psychanalyste au centre de soins Primo Levi

p. 10 • Entre deux pays, par Eve Chrétien, assistante sociale au centre international de La Cimade, à Massy en région parisienne

p.13 • Fin de psychothérapies, par Claire Mestre, psychiatre et anthropologue au sein de l’association Mana

ENFANTS & FAMILLES

p.16 • Séparations et ruptures, par Armando Cote, psychologue clinicien et psychanalyste au Centre Primo Levi

p.19 • Langue endeuillée, par Omar Guerrero, psychologue clinicien et psychanalyste au Centre Primo Levi

REGARDS

p.20 • Les projets collectifs à Ulysse

Introduction :

Fuir son pays pour sauver sa vie ne peut guère s’apparenter à un « projet migratoire ». Dans le cas des personnes victimes de la torture et de la violence politique, il n’est pas question de choix. Les menaces, la peur, les violences subies puis l’exil et l’accueil dans un nouveau pays engendrent des traumatismes qui viennent modifier leur psychisme, leurs perceptions voire leur rapport aux origines. Il est nécessaire de garder à l’esprit que la culture qui faisait lien social entre les habitants a volé en éclat et été réduite à la violence. L’identité, les valeurs, les constructions morales, les filiations sont remises en cause par la violence extrême et ses effets.

Ce que nous avons souhaité questionner à travers ce numéro, c’est le lien que peuvent entretenir ces personnes avec leurs origines, alors qu’elles ne peuvent plus retourner à leur source, au pays. Soit parce que la menace est encore présente, soit parce qu’elles ont obtenu un statut de réfugié. Est-ce un lien idéalisé ? Figé ? Ou au contraire rejeté, rompu ?

Pour illustrer ces propos, prenons l’exemple de la communauté. Certaines personnes qui viennent d’arriver sur notre territoire vont spontanément se tourner vers des compatriotes qui les ont précédés dans l’exil. Pour d’autres, la communauté est évitée. Elle renvoie à ce lien blessé, favorisant une méfiance. Alors, si la communauté ne fait pas pays, qu’est-ce qui le fait ? La cuisine ? La religion ? La langue ? Une émission de télévision ? Lorsqu’un traumatisme est associé à sa terre natale, lorsque tout a été bouleversé, qu’il n’y a plus de repères, quelle attache peut-on entretenir ? Comment rester fidèle à soi en exil ?

 

Bouton Acheter ce numéro      Bouton S'abonner à Mémoires