Le psychotraumatisme chez les exilés

Mémoires n°73
Prix : 8 euros (papier) / gratuit (pdf)

COUV_M73

DOSSIER

Le psychotraumatisme chez les exilés : Blessure, corps et âme

p.2 • Edito : Les blessures réfléchissent, par Antoine Ricard, Président du Centre Primo Levi

p.5 • Le psychotrauma : effets, risques et enjeux, par Joséphine Vuillard, responsable Communication/Plaidoyer au Centre Primo Levi

p.8 • Traumatisme et PTSD : une liaison dangereuse, par Jacky Roptin, psychologue clinicien, psychanalyste au centre de soins Primo Levi

p.11 • Pourquoi la psychanalyse?, par Omar Guerrero, psychologue clinicien, psychanalyste au Centre Primo Levi

p.14 • Le traumatisme pour faire entendre une cause, Entretien avec Richard Rechtman, anthropologue et psychiatre

p.16 • Le corps traumatisé, par Pamela Der Antonian, médecin généraliste au Centre Primo Levi

p.18 • Taire l’indicible: honte et culpabilité, par Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, Professeur d’anthropologie à l’INALCO et psychologue clinicienne à l’Hôpital Avicenne de Bobigny

p.19 • Traumatisme, rupture du lien social et désaffiliation, par Mélanie Maurin, psychologue clinicienne au Centre de soins Osiris à Marseille

p.20 • La fin du droit d’asile?, par Maître Piquois, avocat

p.21 • La pluridisciplinarité comme cadre de travail, par Sibel Agrali, directrice du centre de soins Primo Levi

p.24 • L’intervention d’un tiers pour réinventer sa pratique, par Marie Daniès, rédactrice en chef

 

ENFANTS & FAMILLES

p.22 • Adolescence, errance et traumatisme, par Armando Cote, psychologue clinicien, psychanalyste au Centre Primo Levi

 

REGARDS

p.25 • L’organisation citoyenne pour soutenir les migrants, par Marion Gachet, secrétaire de DTC (Défends ta citoyenneté)

 

E(N)CART SOCIAL

p.19 • L’irrigation, par Elise Plessis, assistante sociale au Centre Primo Levi

 

Edito : Les blessures réfléchissent

 

Dis-moi qui t’a blessé, je te dirai d’où tu viens.

Dis-moi ce qui te blesse, je te dirai qui tu es.

 

Soigner c’est comprendre, soigner c’est apprendre.

Ce numéro de Mémoires décrit de façon très concrète le métier du Centre Primo Levi et donne le sens profond de son action et de son utilité.

L’être humain est irréductible.

Toute tentative de le réduire à un corps, pour des raisons pratiques ou idéologiques, porte atteinte à sa dignité et à son intégrité, aboutit à un moindre soin.

Son esprit peut, comme le corps, subir un choc, il peut être blessé et donc soigné.

Ce sont des soignants qui l’ont appris de ceux qui revenaient de la guerre du Vietnam.

Puis ils ont témoigné, et ils se sont battus pour faire admettre cette idée qu’il existe des blessures psychiques, qu’il existe un « psychotrauma ».

A propos d’une personne qui revient traumatisée d’une zone de conflit, on ne dit plus « un lâche » ou « un faible », on dit « un patient ».

 

Le soin est une science humaine et une science politique.

 

Le Centre Primo Levi s’inscrit dans cette lignée en se battant au quotidien contre toute tentative de simplifier, de standardiser, d’accélérer, d’exclure et donc de réduire le soin en qualité et en dignité.

Les personnes exilées victimes de la violence politique que nous soignons au Centre Primo Levi nous invitent à un dialogue singulier entre la blessure et le blessé, à une réflexion qui est au cœur du message de Primo Levi sur l’homme irréductible confronté à la violence éternelle.

C’est l’iniquité et l’unicité de cette violence qu’il faudra décrypter, démêler, apaiser, soigner avec au cœur la modestie de celui qui sait qu’on ne pourra pas réécrire l’histoire, avec au cœur cet idéal que ce soin est un chemin de paix.

Le Centre Primo Levi a fait le choix d’inscrire la psychanalyse au cœur du soin, comme une démarche scientifique et clinique, réfléchie, inscrite dans un temps long, profond et individualisé. C’est un choix essentiel.

Le Centre Primo Levi a aussi fait le choix du croisement des pratiques et des savoirs autour du patient et avec lui.

 

La bonne mesure du soin, c’est le « sur mesure ».

Celui qui a été complétement dénudé, dont l’existence ne tient plus qu’à un fil, il nous appartient de le revêtir du plus ajusté des costumes, pour l’aider à vivre la suite de son histoire.

 

Antoine Ricard, Président du Centre Primo Levi

 

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