Parcours

José est devenu enfant soldat, après avoir été enrôlé de force à l’âge 13 ans. Il  avait reçu un entraînement qui l’avait conduit à commettre des actes d’une violence extrême. Dans le même temps, il s’était vu dépossédé de sa filiation lorsque son nom fut remplacé par un tatouage. Obligé de porter un uniforme, il était devenu « un autre ».

Lorsqu’il fut pris en charge au Centre Primo Levi, il éprouva le besoin de raconter ce qu’il avait vécu et il finit par parler de ce cauchemar énigmatique qui le hantait. Dans son rêve, il se voyait « au milieu d’un groupe de jeunes dans un foyer  et il y en avait un qui le pointait du doigt, en le traitant de traître ».

Ce rêve lui a permis de remonter à l’origine de son angoisse et de retrouver le souvenir de l’embuscade dans laquelle il était tombé avec ses compagnons, au milieu de la forêt.  Ils avaient tous apparemment été tués sauf José qui s’était fait passer pour mort en se cachant sous les corps des autres. Lorsqu’il s’était relevé, l’un d’eux gravement blessé n’était en fait pas mort. Ce dernier l’a imploré d’accepter de remettre à sa famille l’argent qu’il avait sur lui. José a voulu refuser car il ne savait rien de lui, encore moins l’endroit où vivait sa famille. Mais finalement, cédant aux suppliques du mourant, il avait accepté. Depuis, José éprouvait une grande culpabilité car il n’avait pas pu, par la suite,  tenir sa promesse.

Dans le suivi thérapeutique, c’est précisément en travaillant sur ce sentiment de culpabilité que l’on a pu aider José à  s’engager sur la voie de la « ré-humanisation ». Son angoisse s’est peu à peu apaisée et a laissé place à un mieux vivre.