Exil et violence politique, les paradoxes de l’oubli

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« Je veux tout oublier » : c’est la demande que les patients du Centre Primo Levi, « victimes » de torture et de violence politique, adressent aux cliniciens. Encombrés par une répétition traumatique, ils ne sont plus que des corps mémoires qui réduisent les temporalités à un présent d’horreur, présent qu’ils ne peuvent plus vivre mais qu’ils ne peuvent pas non plus oublier.


Paradoxalement, il faut se souvenir pour oublier autant qu’il faut oublier pour se souvenir autrement. L’oubli fonde et en même temps entretient un rapport ambigu avec la mémoire. S’il est nécessaire, il peut être aussi une amnésie pathologique, l’enfouissement de quelque chose d’insupportable. Comment l’oubli ou son impossibilité transparaît-il dans la clinique ? Quelles sont ses incidences sur la vie d’un sujet et sur celle d’un peuple ? De quelle manière d’autres champs du savoir et de l’art traitent-ils de cette question de l’oubli ? Comment la trace écrite, celle d’un récit ou celle de l’Histoire, qui ne s’écrit pas sans perte ni oubli, est-elle appréhendée génération après génération ?


Avec la participation de Armando COTE, Helena D'ELIA, Nathalie DOLLEZ, Patricia JANODY, Aurélia MALHOU, Pamela MAYOT, Claire MESTRE, Bernard NOMINE, Alexis NUSELOVICI, Elise PLESSIS, Solal RABINOVITCH, Jean-Michel REY, Muriel SALMONA, Éric SANDLARZ, Domenico SCARPA, Pierre VESPERINI


Ouvrage dirigé par Helena D'ELIA et Nathalie DOLLEZ, psychologues, psychanalystes au Centre Primo Levi.


Sommaire


• Introduction

Nathalie Dollez, Helena D’Elia ................................................................ 7

• Les mâchoires de l’oubli

Solal Rabinovitch .................................................................................. 9

• Oubli et mémoire traumatique

Helena D’Elia ........................................................................................ 17

• La fonction de l’oubli dans le noeud du temps

Bernard Nominé ..................................................................................... 27

• La mémoire traumatique chez l’enfant et l’adolescent

Armando Cote ....................................................................................... 37

• « Les murs même n’oublieront pas »

Jean-Michel Rey .................................................................................... 47

• Archives de l’oubli : un chef-d’œuvre sans œuvre

Patricia Janody .................................................................................... 63

• L’oubli de l’histoire est une politique de l’oubli

Éric Sandlarz ........................................................................................ 77

• Récits du corps traumatisé

Pamela Mayot ....................................................................................... 85

• Mémoire traumatique

Muriel Salmona...................................................................................... 93

• La mémoire du thérapeute pour les oubliés de l’histoire

Claire Mestre....................................................................................... 101

• Le récit et le secret

Alexis Nuselovici................................................................................... 109

• Du déni de reconnaissance à l’invisibilité sociale : faire œuvre dans l’exil

Élise Plessis......................................................................................... 123

• Le demandeur d’asile face à l’histoire, face à sa mémoire : un témoin

Aurélia Malhou...................................................................................... 131

• L’historien face au témoin

Pierre Vesperini.................................................................................... 137

• L’œuvre de l’oubli

Nathalie Dollez..................................................................................... 151

• Mémoire comme recherche : l’expérience de Primo Levi

Domenico Scarpa................................................................................. 161