Du répit pour les avocats en danger

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Ce programme, un des premiers de ce type en Europe, obéit à un constat : la crise sanitaire a favorisé partout dans le monde les atteintes à l’Etat de droit. « Les avocats qui travaillent sur des dossiers sensibles sont aujourd’hui plus exposés et isolés que jamais » observe le Barreau de Paris. Face à cette menace grandissante, il s’agit donc d’« offrir aux avocats concernés la possibilité de s’échapper pour un temps de leur pays d’origine afin de leur permettre de se trouver dans un cadre plus serein pour se reposer, se former, se soigner et faire baisser la pression qui pèse sur eux dans leur pays. » Ce répit, ils vont pouvoir le trouver à travers des structures d’accueil de l’Ecole de formation du barreau (EFB) ou du centre d’affaires des avocats de Paris. Ils vont aussi le trouver au Centre Primo Levi qui va leur proposer « des consultations médicales et psychologiques adaptées durant leur séjour en France. Ces consultations permettront de répondre à un des objectifs affichés du programme, qui est de soigner ces avocats » témoigne Antoine Ricard, le président du Centre Primo Levi.

Carte des avocats en danger dans le monde - Observatoire International des Avocats en Danger

Entrer dans une parenthèse de mieux-être

Car ceux-ci vivent sous une véritable menace, physique ou psychologique, dans leur pays d’origine. Le rapport 2018 de l’Institut des droits de l’Homme des avocats européens (IDHAE) dénombrait 379 avocats en danger parce qu’ils tentent de faire leur métier. Parmi les pays les plus à risques aujourd’hui, le programme Répit a identifié « la Chine, l’Iran, le Honduras, les Philippines, la Colombie, le Mexique, le Pakistan, le Mexique ou encore la Turquie. Les avocats les plus menacés sont ceux qui défendent des dossiers que l’on peut considérer dans un pays donné comme les plus « sensibles » pour des groupes d’intérêts puissants ». Ces dossiers sensibles sont ceux liés à la défense des journalistes et des bloggeurs, les dossiers d’expropriation, la défense des défenseurs des droits humains, des opposants politiques, des syndicalistes ou la défense de victimes de torture.
Autant de situations que de conséquences pour les avocats et leur famille. Il y a d’abord la répression physique directe. Il existe aussi des mesures de rétorsion plus « subtiles » comme l’utilisation des procédures disciplinaires avec la menace permanente de la radiation. Le Centre Primo Levi a toujours accueilli et accompagné des personnes au passé chargé, dont la mémoire est envahie d’expériences traumatiques tant physiques que psychologiques. « Notre point d’honneur, explique Hélène Bonvalot, la directrice générale du Centre Primo Levi, est de nous adapter et d’être au plus proche des besoins de nos patients. » Il s’agit aujourd’hui de permettre aux avocats en danger d’entrer dans une parenthèse de mieux-être, physique et psychique.