Colloque
“Entre rêves
et cauchemars”

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Affiche colloque Reves et cauchemars

A son retour des camps, Primo Levi fait un rêve : « Dans un climat paisible, j’éprouve une angoisse, la sensation précise d’une menace qui pèse sur moi. Tout se défait autour de moi. C’est le chaos. Je sais ce que tout cela signifie, je l’ai toujours su ; je suis à nouveau dans le camp et rien n’était vrai que le camp… le reste, une illusion des sens, un rêve ».

 

Ce rêve aurait tout aussi bien pu être celui d’un des patients du centre de soins Primo Levi, ou de toute autre personne ayant fui un contexte de violence politique. Ils tentent d’oublier les mauvaises rencontres avec le réel, parfois transportés la nuit sur les lieux du drame qui les ont poussés à l’exil.

 

 

Au programme :

 

19 mars. En ouverture de ce colloque, nous dresserons une topographie de cette longue nuit de l’exil des réfugiés et des logiques de ségrégation qui s’y manifestent. Nous nous intéresserons ensuite à l’expérience survivante à partir des exemples du Rwanda et de l’Arménie. Que nous disent les récits de rêves et cauchemars de ceux qui ont échappé au génocide ? Après une plongée dans l’approche psychanalytique, selon laquelle le rêve est « la voie royale vers l’inconscient », nous donnerons la parole à la médecine. Que peut-elle nous enseigner sur le sommeil quand le modèle psychiatrique du PTSD et de ses « reviviscences » continue à fasciner et produire des attentes concernant le traumatisme ? Un tableau sera ensuite dressé de l’évolution de la procédure d’asile en France – procédure qui ne fait plus rêver.

 

20 mars. Les rêves des enfants et adolescents ouvriront la deuxième journée. Freud les nommait « simples », parce qu’à la différence des adultes, le message n’est pas crypté mais clair et direct. Pourtant si le rêve substitue un mot à une image, n’est-ce pas le même procédé que nos jeunes patients utilisent en thérapie ? Nous nous permettrons enfin de rêver un peu nous-mêmes en évoquant les divers mouvements citoyens, réactualisant la question de l’hospitalité, qui se sont récemment déployés en France. Ce sera l'occasion alors de faire un pas de côté et de nous intéresser non plus aux exilés, mais aux effets de ces mondes déchirés qui les traversent sur les professionnels qui les accompagnent. Pour conclure le colloque sur une note artistique, des cinéastes nous parleront du maniement des images et des mots, comme si nous étions au cœur même du processus du rêve.

 

« Tant que l’homme rêve – qu’il s’agisse de cauchemars ou de beaux rêves –, […] il y a littérature […]. La véritable crise, c’est l’oubli parfait, la nuit sans rêve », écrivait Imre Kertész. Il nous faut continuer à rêver car les temps troubles existeront toujours.

 

(Programme détaillé à venir)

 

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