Dire l’indicible,
Primo Levi,
la force du récit.

Chimiste italien déporté à Auschwitz à l’âge de 24 ans, Primo Levi est devenu un témoin de référence, notamment à travers son ouvrage publié dans le monde entier et régulièrement réédité, Si c’est un homme.



A l’occasion du centenaire de sa naissance, le Centre Primo Levi a décidé d’organiser les 15 et 16 novembre 2019 à la Mairie du 3e arrondissement de Paris deux journées de rencontres, de débats, d'expositions et d'animations pour mettre en lumière son héritage et échanger sur la réalité de la violence politique aujourd'hui, le rôle du témoignage et l'accueil des victimes venues demander l'asile en France.



Nous vous invitons à retrouver ou découvrir ici l’ensemble des moments forts qui ont rythmé ces deux journées.




Témoignages et sensibilisation des scolaires


Toute la journée du 15 novembre, quatre classes d’élèves de 3e ont été invitées à rencontrer deux témoins de la Shoah, Esther Senot et Henri Borlant, tous deux rescapés des camps d’Auschwitz. Ce temps fort a été suivi d' un échange avec Amando Cote, psychologue clinicien au Centre Primo Levi et Sibel Agrali, directrice du centre de soin, sur la réalité et les conséquences des violences politiques aujourd’hui, puis d'une visite de l’exposition sur Primo Levi.

Au total, une centaine d’élèves des collèges Jean Perrin (20e arrondissement), Béranger (3e arrondissement) et des Francs Bourgeois (3e arrondissement) y ont participé.







Exposition " Primo Levi, de la survie à l'oeuvre "



Cette exposition conçue par Philippe Mesnard, biographe, permet d’explorer les différentes facettes de Primo Levi, chimiste, intellectuel, écrivain et témoin. Elle ne donne pas à voir un ensemble clos et résolu, mais elle maintient ouvertes des questions et leur débats tels que Primo Levi lui-même les a entretenus. Les moments importants de sa vie sont évoqués pour marquer la progression de son œuvre et de sa reconnaissance.

A l’occasion de cet évènement, elle a été complétée par des interviews audiovisuelles de Primo Levi et d’autres témoins d’hier et d’aujourd’hui, ainsi que par des planches de la Bande Dessinée « Primo Levi » de Matteo Mastragostino  et Alessandro Ranghiasc ( et éditée par Il Becco Giallo en Italie et Steinkis en France) , qui retrace sa rencontre avec des élèves d’une école primaire de Turin, quelques mois avant sa mort.





Atelier " Mieux accueillir le récit des demandeurs d'asile "



Tout comme Primo Levi à son retour d’Auschwitz, nombre de nos patients se heurtent à l’incrédulité  lorsqu’ils parviennent à livrer leur récit devant les institutions chargées de leur demande d’asile en France.

Le vendredi 15 novembre après-midi a été consacré à un atelier de co-construction, avec le public, de propositions concrètes pour l’amélioration de la prise en compte du récit des demandeurs d’asile victimes de la torture et de la violence politique.



Animé par Julien Roirant, vice-président du Centre Primo Levi, il s’est articulé autour des propositions de trois intervenants: Pascal Brice, ancien directeur de l’Ofpra, Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, psychologue clinicienne et professeure d’anthropologie et Céline Schmitt, porte-parole du Haut-Commissariat aux Réfugiés en France.

L’atelier a été clôturé par Dominique Versini, Adjointe à la maire de Paris chargée des questions relatives aux solidarités, lutte contre l’exclusion, accueil des réfugiés et protection de l'enfance.



A l’issue de ces deux heures de réflexion collective, la proposition retenue portait sur la nécessité d’une meilleure formation de l’ensemble des personnes recueillant le récit des exilés souffrant de psychotraumatisme.

Cette proposition a fait l’objet d’une pétition qui a été remise en main propre à Agnès Buzyn, Ministre de la Santé et des solidarités.



Expérience en réalité virtuelle


<


En 8 ans, ce sont 5,6 millions d’habitants syriens qui ont dû fuir dans des pays voisins pour rester en vie : Turquie, Liban (1 million de réfugiés), Jordanie (650 000 réfugiés), Égypte et Irak. En offrant une immersion dans l’environnement du témoin, l’expérience en réalité virtuelle Sense of home produite par la Croix-Rouge française, proposait une immersion à 360° dans la vie d’une famille syrienne réfugiée dans un camp au Liban, ouvrant de nouvelles possibilités dans la transmission des récits et la sensibilisation des publics.



Soirée de soutien aux actions du Centre Primo Levi



Animée par Marine Van Schoonbeek, administratrice du Centre Primo Levi et organisée autour d’un cocktail réalisé par le Refugee Food Festival et de différentes interventions, cette soirée était l’occasion de partager un moment convivial et de remercier partenaires, donateurs, acteurs institutionnels et associatifs qui collaborent avec l’association.

Elle a également été l’occasion de rappeler l’importance de l’engagement politique et associatif sur les sujets du témoignage, du récit et de la demande d’asile.



La soirée a débuté par une performance musicale du chanteur et oudiste syrien Hareth Mehdi, dont les créations sont traversées par les échos de la guerre.

Elle s’est poursuivie avec les interventions de Pierre Aidenbaum, Maire du 3e arrondissement, d’Annette Wiewiorka, historienne et membre du comité de soutien du Centre Primo Levi, de Beatrice Patsalides Hofmann, psychologue clinicienne au Centre Primo Levi, de Cédric Herrou, agriculteur et fondateur d’Emmaüs Roya et d’Haitam Karajah, chef cuisinier syrien réfugié en France.



Ces prises de parole ont été l’occasion de rappeler qui était Primo Levi, l’importance de témoigner et de s’engager contre les politiques de "désaccueil", trop souvent constatées à l’égard des demandeurs d’asile.





Hommage à Primo Levi



Le Centre Primo Levi a souhaité rendre un hommage particulier à Primo Levi en organisant, le samedi 16 novembre, un après-midi d’échanges animés par Guillaume Erner, docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture, autour de :
- Fabio Levi, directeur du Centre d’études internationales Primo Levi de Turin et Philippe Mesnard, biographe;  sur la figure de témoin de Primo Levi ;
- Laurent Gaudé, écrivain et membre du comité de soutien du Centre Primo Levi.
Pour témoigner de la puissance des textes de Primo Levi, la comédienne Emmanuelle Devos a réalisé une lecture d’extraits de Si c’est un homme et d’une lettre adressée à son ami Jean Samuel et extraite de l’ouvrage Il m’appelait Pikolo.



Cet hommage s’est clôturé par un concert puissant et fort en signification. Composée par Pamela Der Antonian, médecin généraliste au Centre Primo Levi, cette œuvre de musique contemporaine jouée et chantée, a été imaginée à partir de phrases prononcées par des patients du Centre Primo Levi.


L’ensemble de l’évènement a été clôturé par une intervention de Agnès Buzyn, Ministre des solidarités et de la santé. Interpellée sur les questions d’accès aux soins des exilés et après remise de la pétition<éditée lors de l’atelier " Mieux accueillir le récit des demandeurs d’asile " , elle a réaffirmé l'importance de l’universalisme de la protection maladie française.



Un évènement organisé en partenariat avec :
/p>


L’ensemble de l’équipe du Centre Primo Levi tient à remercier tous ses partenaires et toutes les personnes impliquées dans l’organisation de cet hommage. L’investissement de chacun a permis que cet évènement soit une grande réussite. Enfin, nous adressons une reconnaissance particulière à Renzo Levi pour sa présence et son implication, mais également pour son soutien indéfectible aux actions du Centre Primo Levi.