Quand la violence
isole

Mémoires n°68
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DOSSIER

Quand la violence isole

p.5 • Comment la violence délie les langues, par Jacky Roptin, psychologue clinicien et psychanalyste au centre de soins Primo Levi

p.8 • Personne n'est isolé, par Nicolas Chambon, sociologue responsable recherche Orspere-Samdarra, Centre Max Weber-Lyon II

p.11 • La religion au carrefour du privé et du public, interview d'Eric Sandlarz, psychologue clinicien et psychanalyste au centre de soins Primo Levi

p.12 • De la solitude dans la communauté de l'exil : expériences de Calais, par Alexandra Galitzine-Loumpet, anthropologue (CESSMA,Non-lieux de l'exil, Migrobjets (Inalco))

p.14 • A 18 ans, la double épreuve de l'autonomie et de la régularisation, par Michèle François, RESF 69 / Collectif Jeunes

p.16 • Isolement et statut, par Aurélia Malhou, juriste au centre de soins Primo Levi

p.18 • Et quand la demande d'asile est refusée ?, par Stéphane Perronin, co-présidente de Bestearekin


ENFANTS & FAMILLES

p.20 • L'enfant pris dans un lien...zoocial, par Omar Guerrero, psychologue clinicien et psychanalyste au centre de soins Primo Levi
ARTICLE EN LIBRE ACCÈS !

p.20 • L'exclusion interne, par Armando Cote, psychologue clinicien et psychanalyste au centre de soins Primo Levi


REGARDS

p.23 • Soigner et accompagner autrement, projet mené par le Centre Primo Levi, le service de santé mentale Ulysse, Parole sans Frontière et PSTI


Introduction :

Les menaces, la torture, les génocides… toutes les formes de violences politiques dirigées vers un individu ou un groupe de personnes visent avant tout à détruire le lien social, le lien à l’autre ainsi que ses représentations (mœurs, coutumes, valeurs, etc.), qui fondent une société. Toucher à ces symboles qui sont à la base d’une culture, c’est détruire non seulement ce qui unit, mais aussi ce qui permet d’affronter la mort, de dépasser les événements de vie.
Lorsque les patients arrivent au Centre Primo Levi, les liens sont rompus, aussi bien par la violence subie que par l’exil. Ils peuvent être considérés comme seuls. Physiquement lorsqu’ils ont fui sans les membres de leur famille, mais aussi « intérieurement », lorsque leur environnement, les événements qu’ils vivent les traverse, glisse à travers eux, sans qu’ils puissent leur attribuer à nouveau du sens.
Par ailleurs, l’accueil qui leur est réservé ne favorise pas la création de liens. Après avoir traversé de nombreux pays, une fois arrivés à ce qu’ils pensaient être leur destination, ils sont menacés d’être renvoyés. S’ils parviennent malgré tout à entamer une procédure d’asile en France, ils ne peuvent pas travailler, ils sont ballotés d’administration en administration, d’hébergements en hébergements, face à des interlocuteurs qu’ils ont à peine le temps d’identifier. Comment créer des repères dans cet environnement si précaire ? Comment se stabiliser après ce qu’ils pensaient avoir vécu de pire ? Dans la prise en charge que nous leur offrons, il s’agit bien d’être accueilli, avec des figures connues et qui vous reconnaissent. Le plus longtemps possible. Car pour se reconstruire, il est nécessaire de reprendre confiance en l’autre. [...]


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