Espéranza, des liens à restaurer | Centre Primo Levi

Espéranza,
des liens à restaurer

L'histoire d'Espéranza montre à quel point les déchirures familiales provoquées par les conflits sont lourdes à réparer. Même une famille reconstituée n'est pas une famille reconstruite...

Espéranza est née au Rwanda, dans un pays en guerre où persécutions et massacres se multipliaient. Elle avait 8 ans quand elle a été prise avec sa sœur aînée dans un mouvement de foule qui les a empêchées de retrouver le chemin de leur maison. Paniquées, elles suivent les autres familles qui fuient les violences de leur ville. Dans la bousculade, elles sont dans l’incapacité de retrouver leurs parents qui ont réussi à s’échapper de leur côté avec leur petit frère. Parents et enfants sont tous contraints de fuir séparément à travers toute l’Afrique jusqu’à ce qu’ils arrivent en Europe.


Les deux petites filles parviennent en Belgique alors que leurs parents arrivent en France. Ces derniers vont mettre tout en œuvre pour retrouver la trace de leurs filles, Avec l’aide du réseau des réfugiés, la famille est réunie à Paris après une séparation de quatre années.


Espéranza, qui a beaucoup souffert de cet abandon forcé de ses parents, ne s’en remet pas. Elle a 17 ans lorsqu’elle est adressée au Centre Primo Levi. Elle a beaucoup de difficultés à se concentrer sur ses études mais surtout ses parents s’inquiètent de ses nombreuses tentatives de suicide. Sa vie est devenue « un épouvantable cauchemar ».


La séparation a brisé les liens qui l’unissaient à ses parents. Elle n’accepte pas qu’ils l’aient abandonnée alors qu’elle avait besoin de leur protection. Sa souffrance se traduit par ces mots terribles : « je ne les aime plus ! ».


Durant leur périlleux voyage vers l’exil, les deux sœurs se sont constamment soutenues et consolées. C’est sa sœur aînée qui a joué le rôle de la mère et prit toutes les décisions.


Les séances de psychothérapie lui ont permis de renouer les liens affectifs avec ses parents et plus particulièrement avec sa mère, qui était devenue une étrangère, même si la vie en foyer d’accueil n’est pas propice à la reconstitution de l’intimité de la famille.


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