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L'Espace enfants et familles

Une spécificité du centre de soins de l'Association Primo Levi : une prise en charge particulière des enfants, des adolescents et des familles.

En 1995, à la création du cente de soins, il n'y avait pas d'accueil spécifique pour les enfants. L'évolution des profils des patients adultes et la présence des mineurs ont conduit les responsables du centre à engager une réflexion sur la manière d'accueillir les mineurs isolés et ces enfants qui, si souvent, restaient là, oubliés des adultes.
À l'initiative du psychothérapeute Juan Boggino, une organisation propre pour les enfants et les mineurs isolés a vu le jour en 1999 : une fiche de demande de consultation spécifique a été mise en place. De plus, les membres de l'équipe décidèrent alors de leur donner la priorité lors du processus d'admission : les enfants et les mineurs isolés sont toujours pris en charge directement, sans rencontrer la responsable de l'accueil, et les premiers entretiens sont donc assurés par un psychothérapeute. La raison clinique de cette décision est l'importante de ces premiers entretiens, qui contiennent quasiment tous les éléments à travailler par la suite. De plus, l'expérience nous a montré que les enfants et les adolescents vivent très mal le changement d'interlocuteur.

Sous l'impulsion de Juan Boggino et de Diana Kolnikoff, deux anciens collègues psychothérapeutes, des échanges pluridisciplinaires réguliers avaient été mis en place, en dehors du centre de soins, avec des équipes socio-éducatives. Depuis lors, l'Espace enfants s'est bien implanté, est reconnu de tous et en constante évolution.

Aujourd'hui placé sous la responsabilité d'Armando Cote, psychologue clinicien, une nouvelle réflexion autour des enfants et des familles a été lancée. Toutes ces années d'expérience dans l'accueil des enfants, des adolescents et des familles nous conduisent à réfléchir à un dispositif propre à répondre au plus près à la demande croissante des familles et des mineurs isolés. En effet, jusqu'à présent, la prise en charge des familles se faisait au cas par cas : suite à un entretien d'accueil, les thérapeutes décidaient quel membre de la famille devait être pris en charge en premier. Il nous est arrivé de prendre en charge toute une famille en thérapie individuelle. Une nouvelle étape est franchie : désormais il s'agit d'intégrer l'ensemble de l'équipe de soins dans notre réflexion. Les enfants sont pris en charge ponctuellement par les médecins tandis que l'assistante sociale et la juriste suivent les familles et les mineurs isolés. L'équipe des psychologues réfléchit à d'autres modalités d'accueillir au mieux les familles. Ainsi, par exemple, est envisagée la possibilité d'avoir plusieurs entretiens préliminaires avant de décider si la demande correspond bien à notre mandat et si le centre de soins est bien le lieu adéquat pour chaque situation.

L'avenir, c'est une ouverture vers l'extérieur : enrichir nos échanges avec d'autres professionnels de l'enfance et de l'adolescence qui travaillent avec ces enfants et ces adolescents ayant été confrontés à la violence politique. Quotidiennement, des contacts sont établis avec des écoles, des CADA (Centres d'accueil pour demandeurs d'asile) et des CMPP (Centres médico-psycho-pédagogiques) à la recherche des meilleures manières de prendre en charge les familles, les adolescents et les enfants qui s'adressent à notre centre.

D'après l'article « Enfants, familles, adolescents : un espace spécifique » d'Armando Cote, psychanalyste et psychologue clinicien, Mémoires n°42-43, juin 2008.