Michel Brugière, président depuis octobre 2010
Après plusieurs années de pratique de la médecine en milieu rural dans le Cantal et d'engagement politique en tant qu'élu municipal à Aurillac, Michel Brugière décide de rejoindre Médecins du Monde en 1985. Parti pour une mission de six mois à Bamako, il y restera finalement quatre ans. Suivront le Liberia, la Tanzanie, l'Afrique du Sud, le Cambodge, l'Angola, le Kosovo... et, en 1993, il devient directeur général de Médecins du Monde, qu'il quittera en mars 2010, après vingt-cinq ans d'engagement.
Dans quelles circonstances êtes-vous devenu, dès 2003, membre du conseil d'administration de l'Association Primo Levi ?
Médecins du Monde a été l'association la plus contributive pour la création de l'Association Primo levi en 1995. À ce titre, MDM était membre fondateur et bénéficiait de deux postes au conseil d'administration. À partir de 2003, s'est posée la question de sa représentation au sein de l'Association Primo Levi. C'est à cette occasion que je me suis engagé, certes parce qu'il fallait représenter MDM mais surtout pour l'intérêt que je portais à l'objet social de l'Association Primo Levi.
Quel est le sens de votre engagement aux côtés de l'Association Primo Levi ?
Le sens de mon engagement est très simple. J'ai été confronté, au cours des nombreuses missions que j'ai effectuées pour MDM, à la pauvreté, à la violence, aux massacres, aux nombreuses violations des droits de l'homme envers les populations du tiers-monde... Cela m'a permis de comprendre les motivations vitales de ces populations pour aller vers un monde meilleur qui les protège et leur donne de l'espoir. Pour moi, notre devoir de solidarité est une évidence.
En tant que nouveau président de l'association, comment souhaitez-vous orienter l'avenir de l'association ?
Je considère que les soins et l'accompagnement proposés par l'équipe du Centre Primo Levi sont de qualité mais qu'il nous faut continuer à être attentifs afin d'améliorer l'existant. Pour répondre davantage aux besoins des personnes victimes de torture réfugiées en France et pour être plus forts dans la défense des demandeurs d'asile, il nous faut donner davantage de visibilité à leur situation et à la prise en charge que nous leur offrons. Nous devons donc utiliser tous les instruments possibles pour cela, afin de sensibiliser les décideurs politiques, tant au niveau national qu'européen, mais également le grand public.