Merci à tous les participants et les intervenants au colloque ! Nous vous tiendrons informés de la date de parution des actes. Nous vous invitons à découvrir le numéro de Mémoires consacré au thème du colloque avec des articles ou interviews de Serge Portelli, Frei Betto, Helvécio Ratton, Anny Dayan Rosenman, Bertrand-François Gérard... et à retrouver ci-dessous en interview vidéo certains des intervenants au colloque... Merci également à Marie Daniès, bénévole au service communication, d'avoir recueilli la parole des intervenants, et à Laurence Guenoun, pour ses photos.
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C'est à partir du rapport de l'homme au langage que nous souhaitons interroger ce qu'une société véhicule comme violence dans son discours et les effets que cela produit sur le collectif et sur chaque sujet. Force est de constater que l'histoire de l'humanité est marquée par la répétition des guerres et des conflits sociaux violents. Mais, quel rôle joue le langage dans l'émergence de la violence ? La langage est ce qui caractérise l'humain. en tant qu'être parlant, l'homme crée et transforme son monde. Tout peuple, toute civilisation a recours au langage, espace symbolique qui s'ordonne en discours, en parole et en dire. Les discours sont ce qui constitue le lien entre les êtres parlants. Ils véhiculent les valeurs, les référentiels identitaires et politiques du vivre ensemble. La parole, le dire, propres à la singularité de chaque sujet, excèdent l'ordre du collectif. Cependant, cet excès est aussi ce qui crée et transforme le vivre ensemble ; car, c'est par la parole, le dire, que e désir qui anime l'homme se manifeste. ce dire permet au sujet de s'échapper du discours muré dans lequel il essaie périodiquement de se mettre à l'abri par rapport à ce qui, en lui-même, se dérobe. Une société qui transforme les discours qui la constituent en idéologie, véhicule de la violence en faisant valoir, consciemment ou inconsciemment, l'exclusion, la peur et les intérêts qui brisent le lien collectif. dans ce contexte, la parole n'ayant pas moyen de se dire, vocifère, et la haine devient la raison qui justifie toute forme de violence. C'est pourquoi il y a lieu de s'interroger sur ce qu'est devenu, en France, l'énoncé « terre d'asile » dans le discours politique actuel et les effets de celui-ci pour la société et pour ceux qu'elle exclut. Au cours de ces dernières années, dans notre pratique clinique et notre activité de formation au Centre Primo Levi, nous avons constaté un malaise grandissant tant auprès de nos patients qu'auprès des différents professionnels qui accueillent des demandeurs d'asile. Ainsi, ces derniers nous disent souvent que, tout en occupant des places et des fonctions d'accueil, ils se retrouvent être aussi ceux qui, au nom de la loi, rejettent les demandeurs d'asile au dehors de leurs abris dans un « no man's land », en les condamnant à l'errance sociale et psychique. Dans un même temps, nous observons chez nos patients que le vécu traumatique associé à des événements politiques a déjà enfermé la parole du sujet dans un corps devenu pure douleur. Le refus de reconnaissance de leur vécu et de leur parole, le mépris porté sur leur propre jugement, ainsi que le discours discriminatoire qui accompagne les actes de violence de la part des autorités, ne font que perpétuer la répétition traumatique et rendre plus difficiles les conditions de travail auprès d'eux. Le travail clinique est une opération susceptible de traiter le réel traumatique par la parole. Que pouvons-nous témoigner de cette expérience lorsqu'à la désubjectivation du sujet par la violence qu'il a subi, s'ajoutent les effets ravageurs des discours et des actes produits par la société au sein de laquelle le demandeur d'asile tente de trouver refuge ? Nous avons affaire à cela, à la subjectivité de notre époque, disait Lacan. Alors comment nous arrangeons-nous avec cela ? Comité d'organisation du colloque : Helena d'Elia, Véronique Bourboulon, Ghislaine Bardet.************************ Renseignements et inscriptions Inscription obligatoire et conseillée avant le 27 mai 2011. Télécharger le bulletin d'inscription. Tarifs
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Colloque 2011

