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Agir et témoigner
 
Dans le prolongement de son action directe de soins et de soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique, l'Association Primo Levi estime indispensable de s'engager pour :
  • témoigner des effets de la torture et de la violence politique
  • promouvoir le développement de soins adaptés pour les personnes victimes de la torture
  • défendre le droit d'asile.

Témoigner des effets de la torture et de la violence politique

L'action directe en faveur des victimes ne permet pas à elle seule de changer les contextes qui rendent possibles les actes de torture et de violence politique.
À partir de l'expérience acquise au centre de soins, l'Association Primo Levi est amenée à jouer un rôle d’observateur direct de la situation des personnes exilées en France ayant été victimes de torture dans leur pays d’origine. En effet, les souffrances, souvent invisibles, produites par la torture, sont complexes et durables, difficiles à exprimer par les personnes qui ont survécu aux traitements humiliants visant à les détruire en tant qu'êtres humains. Ainsi, l'association s'est donné pour mission de témoigner de la réalité de l'usage de la torture et de la violence politique dans le monde.
Par des actions de sensibilisation, de prévention et d'information, souvent menées en partenariat avec d'autres organisations non gouvernementales, l'Association Primo Levi souhaite contribuer au recul de l'usage de la torture et des multiples formes de traitements inhumains ou dégradants.  
L'association est membre de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) et participe à l'ensemble de ses travaux en mettant plus particulièrement l'accent sur les questions relatives à l'asile et à l'immigration.
 

Promouvoir le développement de soins adaptés pour les personnes victimes de la torture

La torture laisse des séquelles multiples et durables, le plus souvent invisibles car elle est menée dans le but de ne pas laisser de traces. Longtemps après, elle continuer à produire ses effets, physiques et psychologiques : une souffrance complexe, difficile à exprimer et douloureuse à entendre.
Pour envisager l'avenir, les personnes qui ont subi la torture ont besoin de soins appropriés et pluridisciplinaires, impliquant l'intervention de professionnels formés aux spécificités des traumatismes.
Proposer des soins adaptés aux personnes ayant subi la torture dans leur pays d'origine et qui demandent l'asile à la France est autant une nécessité qu'une obligation légale pour notre pays, qui a ratifié la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
De même, l'Union européenne, par une directive du 27 janvier 2003, a rappelé que cette obligation devait se traduire par des mesures concrètes dans tous les pays membres de l'Union.
  • Ainsi, l'Association Primo Levi est membre de l'Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE), un collectif d'associations qui entendent dénoncer les difficultés rencontrées par les étrangers dans les domaines de l'accès aux soins et du droit au séjour pour raison médicale.
  • L'Association Primo Levi est membre du Réseau européen des centres de soins pour victimes de la torture. Ce réseau informel créé en 2003 rassemble, au sein des pays membres du Conseil de l'Europe, une centaine de centres ou de programmes spécifiques qui fournissent une assistance aux victimes de violations des droits de l'homme, des personnes soit en demande d'asile ou réfugiées dans un pays d'accueil, soit résidentes dans leur pays, victimes de régimes passés ou actuels.
  • En juin 2008, les associations Mana (Bordeaux), Osiris (Marseille), Primo Levi et Ulysse (Bruxelles) ont décidé de réunir leurs efforts au service d'une meilleure prise en charge des personnes victimes de la torture et de la violence politique et ont créé RESEDA, Réseau francophone de soins et d'accompagnement pour les exilés victimes de la torture et de la violence politique. Leurs objectifs : la mise en commun de leur expérience clinique, l'amélioration de la prise en charge des patients à titre individuel et familial, le développement de l'offre de soins, ainsi que le plaidoyer et l'action publique en faveur de ces objectifs.

Défendre le droit d'asile

Le défaut de reconnaissance des souffrances endurées et la crainte d'être refoulés aggravent les souffrances des hommes, des femmes et des enfants qui ont dû fuir leur pays. La précarité des conditions de vie imposée à ces personnes constitue un obstacle aux soins qui leur sont dus. Témoin des effets de la dégradation des conditions d'accueil des exilés, l'association s'est engagée dans la défense du droit d'asile. Ainsi, l'association participe activement aux travaux et aux actions de la Coordination française du droit d'asile (CFDA).
 
 
 
Mis à jour le Lundi, 15 Juin 2009 10:46