Histoire

Histoire

C’est face à la complexité et la spécificité des troubles liés à la torture que plusieurs associations engagées dans la défense des droits humains (la section française d’Amnesty International, Médecins du Monde, l’ACAT, Juristes sans frontières et Trèves une association de psychologues) décident au cours de l’année 1995, de créer le Centre Primo Levi.

A l’origine, le centre de soins s’est appuyé sur une équipe fondatrice porteuse d’une expérience acquise au cours de plusieurs années au sein de l’AVRE (association pour les victimes de la répression en exil). Au moment de l’ouverture du centre de soins, le contexte politique international était des plus graves : la guerre en ex-Yougoslavie, le génocide au Rwanda et, peu de temps après, les années sombres de la violence en Algérie. La proximité et l’ampleur de ces violences, les contextes politiques qui les rendaient possibles, ne cessaient d’interroger les associations et les personnes impliquées dans la fondation du Centre Primo Levi.


Par ailleurs, les politiques à l’égard des étrangers en France et en Europe ne pouvaient laisser indifférents ces professionnels travaillant auprès des personnes victimes de la torture et de la violence politique. Un climat de suspicion vis-à-vis des demandeurs d’asile s’installait à grand pas. Le droit de travailler, d’apprendre le français en attendant le traitement de leur demande d’asile, leur était formellement interdit. L’accueil se dégradait. Le droit d’asile et l’espoir d’une protection se voyaient de plus en plus bafoués.


Dans ces conditions, un projet de soin auprès de ces personnes devait nécessairement s’insérer dans un projet associatif plus large, plus complet et politique. Si c’était à l’association que revenait la nécessaire fonction de témoignage sur la pratique de la torture et le déni des réfugiés, il revenait aux cliniciens de s’engager à témoigner de leur clinique.