Colloque
« Les paradoxes
de l’oubli »

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A noter dans vos agendas :
le prochain colloque du Centre Primo Levi
aura lieu
les 25 et 26 janvier 2018
au Centre Sèvres
(35bis, rue de Sèvres – 75006 Paris)
sur le thème : "Je veux tout oublier" - Les paradoxes de l'oubli.

En attendant le programme détaillé, voici la note introductive :


« Je veux tout oublier » : c'est la demande que nous adresse le patient « victime » de torture et de violence politique arrivant au Centre Primo Levi. Encombré par une répétition traumatique, il n'est plus qu'un corps mémoire imprégné de douleur et d'un débordement pulsionnel. Un trop de mémoire qui réduit les temporalités à un présent d'horreur, présent que le patient ne peut plus vivre mais qu'il ne peut pas non plus oublier. Cette répétition n'est pas le souvenir mais une sorte de conscience obsédante qui fait obstacle au travail d'oubli, lequel réconcilie le présent avec la remémoration du passé pour envisager un futur.


Cependant, la clinique nous fait savoir qu'oublier peut s'avérer aussi problématique que se souvenir. En effet, l'oubli s'annonce par un paradoxe puisqu'il faut se souvenir pour oublier autant qu'il faut oublier pour se souvenir autrement. Il fonde et en même temps il entretient un rapport ambigu avec la mémoire. S'il est nécessaire, il peut être aussi une amnésie pathologique, l'enfouissement de quelque chose d’insupportable. Mais encore, qui n'a pas éprouvé cette sensation désagréable d'avoir un mot « sur le bout de la langue », mot sans cesse happé dans l'abîme du corps ?


Par la clinique, nous voulons discerner et interroger les différentes facettes de l'oubli ou de son impossibilité, ainsi que ses incidences sur la vie d'un sujet.


Si le vécu des événements traumatiques transporte le souhait de tout oublier, l'exil, par contre, transporte la peur de tout oublier, d'oublier son pays, ses repères, sa culture, sa langue, etc. Peur accentuée quand la politique d’accueil ne veut rien savoir de cet étranger.


L'oubli n'est pas seulement une question concernant le privé, c'est aussi une question collective et politique. Il y a des guerres, des conflits armés, des génocides, des crimes contre l'humanité qui ne sont pas reconnus et qui sont même souvent déniés, voire démentis. Quelquefois, c'est l’effacement de toute trace qui est mis en œuvre.


Quels effets cela produit-il sur la vie de chacun et sur celle d'un peuple ?


Pour se reconstruire, pour pouvoir vivre, une société a besoin de passer par l'oubli, mais cet oubli a-t-il le même effet quand il est décrété par un État ?


Au-delà de la clinique, de quelle manière d'autres champs du savoir et de l'art traitent-ils de cette question de l'oubli ? Comment la trace écrite, celle d'un récit ou celle de l'Histoire, qui ne s'écrit pas sans perte ni oubli, est-elle appréhendée génération après génération ?


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